Nous ne naissons pas stressés — mais nous l’apprenons trop bien
Par Basma K., Thérapeute et doctorante en psychologie organisationnelle
Nous ne naissons pas stressés.
Nous naissons avec un système nerveux prêt à nous protéger, pas à nous punir.
Nous arrivons dans ce monde avec un cœur ouvert, un corps ouvert, et un besoin urgent d’une seule chose : la sécurité.
Le besoin d’bras doux.
Le besoin de regards chaleureux.
Le besoin de co-régulation, d’un rythme apaisant, et du battement régulier d’une connexion calme.
Nous naissons avec un axe HPA — le système de réponse au stress du corps — mais ce n’est pas l’ennemi. C’est notre premier garde du corps.
Mais que se passe-t-il quand ce garde ne reçoit jamais le signal pour se calmer ?
Le stress n’est pas ce que vous êtes — c’est ce que vous avez porté
« Je suis juste une personne stressée », disent les gens.
Ils le portent comme une identité, pas comme une blessure.
Ils le répètent jusqu’à ce que le cerveau l’entende comme un ordre : Reste tendu. Reste en alerte. Reste prêt.
Mais soyons clairs : vous n’êtes pas une personne stressée.
Vous êtes une personne qui a été conditionnée à vivre dans des environnements où le stress est devenu le seul moyen de se sentir fonctionnelle.
Le stress chronique n’est pas un trait de caractère.
C’est la façon dont votre corps survit dans un monde qui oublie souvent à quel point nous sommes sensibles.
La culture du "toujours plus", le mensonge de la tension
Nous vivons dans une culture qui loue la suractivité et romantise l’épuisement.
Elle nous vend l’idée que le repos est de la paresse, et que l’anxiété est de l’ambition.
Nous faisons défiler des citations qui glorifient le "travailler dur" à 3 heures du matin comme si le burn-out était une médaille d’honneur.
Mais sous tout cela, le corps murmure :
« Je n’ai pas été fait pour ça. »
Nous ne sommes pas des machines.
Et il faut arrêter d’essayer de vivre comme si nous l’étions.
Quand l’esprit ne peut pas parler, le corps le fait
Les symptômes psychosomatiques ne sont pas aléatoires.
Ce mal de tête, ce problème digestif, cette poussée cutanée — parfois, ce ne sont pas des mystères médicaux.
Ce sont des vérités émotionnelles que le corps essaie d’exprimer quand l’esprit a appris à rester silencieux.
Nous traitons souvent le symptôme, pas la source.
Nous engourdissons la douleur, mais pas le schéma.
Et c’est là que nous nous trompons.
Parce que le stress, quand on l’ignore, ne part pas.
Il s’accumule silencieusement.
Il s’installe dans le système nerveux, dans les tissus, dans les rituels de la sur-réflexion et du surfonctionnement — jusqu’à ce que le corps crie enfin ce que l’âme murmure depuis des années.
Réapprendre le calme : la vraie révolution
Le stress s’apprend.
Mais la sécurité aussi.
Nous pouvons reprogrammer notre façon de répondre à la pression, au chaos, aux exigences de la vie.
Grâce à l’hypnothérapie, à la psychothérapie, au repos, à la régulation et aux conversations honnêtes, nous revenons à nous-mêmes.
Nous enseignons au corps que la paix n’est pas une faiblesse. Que le calme n’est pas de la paresse. Que la guérison n’est pas optionnelle.
Le travail est profond — et parfois invisible.
Mais vous le ressentirez dans le relâchement de votre mâchoire.
Dans le désapprentissage de l’urgence.
Dans la manière dont votre respiration arrive avant vos pensées.
Derniers mots : vous n’avez pas été fait pour être engourdi
Vous n’êtes pas né stressé.
Vous n’êtes pas né pour vous sentir pressé, paniqué, ou déconnecté de votre corps.
Vous avez été fait pour la présence.
Pour la régulation.
Pour la joie qui ne demande pas la permission.
Alors la prochaine fois que vous vous surprenez à dire, « Je suis juste une personne stressée » — faites une pause.
Demandez-vous :
Qui m’a appris ça ?
Et est-ce encore vrai ?
Puis écoutez.
Pas avec votre esprit — mais avec votre corps.
Parce qu’il se souvient de tout, même de ce que vous avez oublié de ressentir.
Avec bienveillance,
Basma K.
Minds at Work Sessions